Crédits Stéphane Cronier
Crédits Stéphane Cronier

Les professeurs auxquels je suis profondément reconnaissante, ce sont ceux qui apportaient quelque chose de plus que l’école, quelque chose de vivant.

Madame Troger, en CM1 : la maman un peu étouffante, méditerranéenne, très différente de la mienne. Il fallait bien faire pour lui faire plaisir, elle nous aimait…

Madame Archer, ma prof d’allemand du collège, d’une exigence extraordinaire. Tout se passait en allemand, et nous devions connaître die Ode an die Freude de Shiller par cœur – difficile et magnifique, dont je me souviens encore des paroles. Bien sûr, il ne fallait pas faire de fautes et connaître ses déclinaisons – mais c’était un détail de base dont il n’était même pas question de discuter. Tout avait un but autrement plus grandiose et qui valait de soi – comme Schiller et Beethoven.

Madame Rochais, ma professeur de mathématique de terminale, parce qu’elle m’a parlé des classes préparatoires, mais qu’elle a fait un peu plus que cela : elle m’a donné pour talisman un gros volume de rapport du jury d’un concours de la rue d’Ulm. Le sujet de philosophie était : Qu’est-ce qu’une révolution ? Résultat, puisqu’elle m’avait donné ce rapport : je n’ai jamais douté de pouvoir y entrer.

Messieurs Wilfert et Barbaras, mes professeurs de philosophie de khâgne – et d’université, parce qu’ils nous donnaient à voir la philosophie vivante, en train de se faire sous nos yeux. Ils ne faisaient pas cours, plus d’institution, plus de notes, d’évaluation – évanouis alors qu’ils pensaient devant nous.

Marion Bernard, normalienne, professeur de philosophie

Postée par Marion Bernard le 27 janvier 2015

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