Témoignages des anciens élèves de Jean-Pierre Aurières

Le vendredi 6 novembre, Jean-Pierre Aurières, professeur d’histoire-géo au lycée Paul Eluard à Saint-Denis, a rassemblé tous les élèves qu’il a emmenés en voyage ces huit dernières années pour une grande soirée de retrouvailles.

A cette occasion, notre envoyée spéciale Katarina s’est glissée auprès des anciens élèves pour recueillir leurs témoignages sur ce que leur ont apporté ces voyages de classes atypiques à l’autre bout du monde (Brésil, Inde, Nouvelle-Calédonie...), sur ce qu’ils souhaitent dire aux enseignants qui leur ont permis de vivre cette expérience et sur ce que cela leur inspire pour l’avenir de l’école.

En voici quelques extraits :

 

Dzeynaba, 19 ans, partie en voyage à Madagascar en 2014

« Ce voyage m’a fait grandir, ça m’a fait découvrir une autre facette du monde. Je connaissais un peu l’Afrique mais Madagascar c’est encore particulier. Je voudrais dire un grand merci pour tout à Mr Aurières parce qu’il nous a fait découvrir autre chose, même à côté du voyage on a appris plein de choses. Continuez comme ça parce que vraiment c’est magnifique. »

 

Antony, Awa, Anna, Lucile, Priscillia, Jessica, Fatou, partis en voyage en Afrique du Sud en 2009

« On a appris plein de choses avec ce voyage, on a appris à se connaître, on a appris à connaître d’autres cultures, d’autres écoles. On a vu une école qui ressemblait à la notre européenne et une école qui était plus africaine, deux environnements bien différents.

On apprend à être ouvert surtout parce que quand on est ici entre nous on a tous la même mentalité alors que quand on est ailleurs on voit autre chose, on voit même que les gens sont plus ouverts ailleurs même s’ils n’ont pas les mêmes moyens que nous.

On en a appris plus sur un pays qu’on connaissait de nom ou seulement de ce que nous en disait les médias, on en a appris plus sur les différences entre les cultures là-bas, le sujet c’était l’après-apartheid donc on a vu comment ça avançait à l’époque où on y a été.

On a aussi travaillé sur la place des femmes dans la société parce que là-bas il y a plus de violences à l’encontre des femmes.

On s’est rendu compte que nous finalement on a tout et on ne relativise pas, on se plaint beaucoup. Quand tu as peu, quand il y a autre chose qui arrive tu l’apprécies beaucoup plus que quelqu’un qui l’a depuis qu’il est né. »

« On voulait remercier Mr Aurières, Mr Cayrel et Mr Urlacher d’avoir organisé tout ça parce que c’est vrai que nous à cette époque on ne se rendait peut-être pas compte de tout ce qu’ils ont fait derrière notamment pour le financement et l’organisation du voyage. Nous on était plus au niveau des thématiques et des sujets du voyage. Merci ! »

 

Tariq et Seddiki, partis en voyage au Guatemala en 2011

« Je pense que dans la scolarité d’un élève avant le bac il faudrait qu’il voyage au moins une fois avec l’école et le corps enseignant, c’est vraiment important. Il faudrait peut-être prendre le budget de toute les cours d’éducation civique pour le mettre dans un voyage.

Je pense aussi que le cadre scolaire est trop rigide. On perd beaucoup d’élèves non pas parce qu’ils sont bêtes ou pas intéressés mais parce que la formation en leur convient pas. C’est trop standardisé. J’aimerais bien que les élèves puissent beaucoup plus modeler leurs parcours, choisir les enseignements pour qu’on ait des élèves intéressés dans toutes les classes, pour qu’ils soient productifs et qu’en même temps le prof puisse faire son cours normalement, et je pense qu’un peu plus d’autonomie aussi c’est mieux.

Par ailleurs je trouve qu’il y a un manque d’informations des élèves de la seconde à la terminale. Par exemple ils ne savent pas ce qu’est une prépa HEC, ce que je trouve désolant. A partir du moment où on enlève ces barrières que la plupart des élèves de banlieue se fixent, on pourrait les faire rêver. »

 

 

Toutes les unes